Saturday, March 5, 2016

Retour sur la “constitutionnalité” du “glissement”
Par Chryso Tambu, publié le 5 mars 2016

A lire les réactions à l’article “le bureau poitique de la MP se rend coupable d’une citation tronquée de la Constitution pour soutenir le glissement” écrit par Bouhdan M’bembo le 25 février 2016 et publié sur congoindependant.com, il est de plus en plus évident que la “Constitution” de la “République démocratique” du Congo est un piège qui a échappé à la vigilance des intellectuels congolais depuis 2006!

Souscrivant à la lecture de Bouhdan M’bembo et évoquant un principe de droit, Kenshuishui, juriste, semble-t-il, note que “Quand les règles sont clairement définies, il n’y a pas d’interprétation possible, on l’applique!”.  Il n’a pas tort! Mais cela veut-il aussi dire que même si la loi est injuste, on l’applique?

L’article 70 est injuste. C'est un piège! Il ne se justifie pas autrement que de maintenir l’imposteur Hypolite Kanambe alias Joseph Kabila au pouvoir au delà des cinq ans d’un deuxième et dernier mandat que lui permet la“Constitution”. Une loi impartiale éviterait un “glissement” en prévoyant à l’article 75 une autre cause qui permettrait au Président du Sénat de prendre ses responsabilités au moment opportun et, dans ce cas précis, à partir du 19 décembre 2016, en attendant l’installation effective d’un nouveau président élu.

Une autre réaction qui devrait aussi retenir l’attention des Congolais est celle de Marcel Kashamura qui semble convaincu de la bonne foi des rédacteurs de cette “Constitution”. S’adressant à Daniel Makila ainsi qu’à l’auteur de ces lignes, il mentionne “Votre erudition et demonstration juridiques confondent  la letter et l’esprit de la loi”. Et posant, lui même, la question de savoir quelle était l’intention des rédacteurs, il répond qu’ils entendaient par là “assurer la continuité de l’Etat dans le respect strict de la Constitution”, et, faisant référence à “Joseph Kabila”, d’ajouter “ inclu donc sa limite des mandats présidentiels”.

 Hélas, Marcel Kashamura ignore que ces rédacteurs sont en réalite des commanditaires étrangers qui ont toujours eu l'intention de perpétuer l’occupation du Congo-Kinshasa! Au fait, cette “Constitution” a été rédigée à Liège, en Belgique. Il suffit de la lire attentivement pour se rendre compte qu’elle a été taillée sur mesure de l’imposteur rwandais au sommet de l’Etat congolais, en commençant par la condition d’age pour la magistrature suprême qui a été réduite de 40 à 30 ans!

Lorsqu'une loi est injuste, on cesse de la respecter.

Vive la révolution!

chryso45@hotmailcom



Sunday, February 28, 2016

Le “glissement” est conforme à la “Constitution”!
Par Chryso Tambu, publié le 28 février 2016

Dans son article intitulé “le bureau politique de la MP se rend coupable d’une citation tronquée de la Constitution pour soutenir le glissement”, publié dans Congoindependant.com en date du 26 février 2013, Bouhdan M’bembo dénonce la “tricherie” de la part du président de l’”Assemblée nationale”, Aubin Minaku, dans son interprétation de l’alinea II de l’article 70 de la “Constitution” en vue de justifier le maintien au pouvoir de “Joseph Kabila” au delà du 19 décembre 2016. Nombreux sont ceux qui partagent le point de vue de Bouhdan M’bembo et qui estiment qu'à moins que l'“installation effective” d'un nouveau président “élu” se réalise dans le délai “constitutionnel”, il y aura effectivement à partir de cette date “vacance du pouvoir” - une situation qui nécessiterait, d’après eux, l’application de l’article 75. D’autres imaginent plutôt une “crise constitutionnelle” éventuelle. Mais dans la logique de l’article 70 dont il est question, Aubin Minaku n’a pas tort!

Cette charte du pouvoir d’occupation – reconnue, à tort, comme la “Constitution” de la “République démocratique” du Congo – dispose en son article 70 alinea II “A la fin de son mandat, le président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu”. Pour Bouhdan M’bembo, “l’installation effective du nouveau président élu”, mettant l’accent sur le terme “élu”, est un“participe passé qui sous-entend que le successeur du président en fin mandat, dans le cas d’espèce M. Joseph Kabila, est déja élu et donc connu, n'attendant que l’investiture officielle ou l’installation effective selon les termes de la Constitution pour commencer son mandat qui court à partir de sa prestation de serment et non à partir de la date de son élection telle que constatée par la Commission électorale nationale indépendante et confirmée par la Cour Constitutionnelle”. Or, le terme "élu" est un adjectif qui ne veut pas nécessairement dire que le nouveau président est connu d'avance ou avant son"installation effective". Et dans ce cas précis, il  fait uniquement référence à une procédure particulière qui est l'élection au suffrage universel direct à l'opposé, par exemple, d'un coup d'Etat!

Lorsque Bouhdan M'bembo prétend aussi que d'une part “ la stipulation impersonnelle de la Constitution ferme la voie à toute spéculation de la prolongation” et d'autre part “l’application couplée des articles 70 et 73 bétonne davantage l’organisation de l’élection présidentielle dans le délai constitutionnel imparti; battant en brêche toute velléite à jouer les prolongations dans le chef de l’administration sortante...", on se demande bien d'où tire-t-il cette conclusion qui est ni implicite ni tacite dans les deux articles? Mais notons en passant que l'"élection présidentielle" (en réalité, un piège à cons) de 2011 a été organisée environ 30 jours avant l'expiration du mandat présidentiel, et ce, largement en violation de l'article 73 de cette même "Constitution qu'il s'empresse de citer! 

Mais, sans pour autant défendre ce pouvoir d’occupation en perte de vitesse, essayons de pousser  la réflexion un peu plus loin pour comprendre le sens de l'article 70 ainsi que ce qui aurait tout d'un coup motivé la classe politique, plutôt la crasse politique, qui semble très concernée depuis seulement l’année dernière alors que  cette "Constitution" existe depuis février 2006 ou depuis plus d'une décennie! Et admettons que l’”élection présidentielle” ait eu lieu et que le nouveau président “élu” qui est connu d’avance meurt le 18 décembre 2016 ou la veille de son “installation effective”. A ce moment là, l’imposteur rwandais au sommet de l’Etat congolais, en l’occurance Hypolite Kanambe alias Joseph Kabila, peut-il alors jouir d’un “glissement”? Evidemment, d'après l'article 70! Cependant, pour Bouhdan M’bemba et compagnie, la réponse est “niet”! Mais d’après quel texte de la "Constitution" fondent-ils alors leur “argumention? S'agit-il d'une "vacance du pouvoir"? Et à quel moment peut- elle être constatée? Dès le lendemain de la fin du mandat présidentiel, c’est à dire le 19 décembre 2016?

Boudhan M’bemba n'est certainement pas un politicien, ou alors il est tout simplement allé très vite en besogne. On peut dès lors comprendre qu'il soit naïf ou qu'il puisse se tromper dans son raisonnement. Mais la crasse politique, elle, connait mieux. Et il est difficile de croire que ceux qui suggèrent une alternative "constitutionnelle" puissent vraiment ignorer la pertinence de l'article 75 où il écrit “En cas de vacance pour cause de decès, de démission ou pour toute autre cause d’empêchement définitif, les fonctions de président de la République, à l’exception de celles mentionnées aux articles 78, 81 et 82 sont provisoirement excercées par le président du Sénat”. Peuvent-ils vraiment insinuer qu'une cause qui empêcherait définitivement un "glissement" ou le maintien au pouvoir de l'imposteur à partir du 19 décembre 2016 soit établie plutôt avec le decès du nouveau président “élu”, et ce, déjà la veille de son "installation effective? Ce serait, très honnêtement, inimaginable!

Par ailleurs, signalons également que pendant que ces politiciens qu'un modèle de résistant et une légende de la disapora, Odon Mbo, qualifie correctement de "commerçants" qui accompagnent le régime d'occupation et feignent de s'opposer à un éventuel "glissement" du mandat de l'imposteur, non seulement ils ne se sont jamais prononcés pour le cas du président du Sénat dont le mandat a effectivement expiré, mais tentent en vain de justifier son "glissement" en évoquant curieusement cette même "Constitution" qui dispose en son article 105 "le mandat de sénateur commence à la validation des pouvoirs par le Sénat et expire à l'installation du nouveau Sénat". Deux poids, deux mesures! Devant cette situation, le feu Grand Maitre, Luambo Makiadi alias Franco Demi-amor, se serait exclamé en chantant: "wapi sérieux"?

Il est vrai que l'imposteur "Joseph Kabila" est en difficulté. Ses maîtres anglo-saxons l'ont lâché et cherchent à se debarasser de lui. Ils recrutent alors cette même crasse politique qu'ils peuvent manipuler comme ils veulent dans une stratégie de créer un désordre, des conflits ou d'amener le chaos et récupérer ensuite la situation "au bon moment" afin d'établir un nouvel ordre mais tout en préservant un système qui leur est avantageux avec, si possible, les mêmes pions! Et c'est ce qui explique notamment le soutien à une organisation comme "Y en a  marre", la naissance du G7 regroupant des dissidents de la Majorité Présidentielle, la rencontre des politiciens congolais organisee dernièrement à l'île de Gorée, au Sénégal, et financée par une ONG allemande, ou la création très récente du "Front Citoyen", etc...

Ekoyebana! Esi eyebani!

chryso45@hotmail.com







Saturday, October 10, 2015

L’intention de la loi fondamentale du 19 mai 1960
Par Chryso Tambu, publié le 10 octobre 2015

L’analyse proposée ci-dessous se limite aux pouvoirs exercés par le chef de l’Etat notamment repris aux articles 17, 19, 20 et 22 lesquels font partie de l’ensemble des prérogatives que la loi fondamentale du 19 mai 1960 fait valoir de sa fonction.

La relation entre le chef de l’Etat et le gouvernement (dirigé par un Premier ministre) est initialement  établie à l’article 17 lequel stipule “Le pouvoir exécutif tel qu’il est réglé par la présente loi appartient au chef de l’Etat sous le contreseing du ministre responsable”. Il est alors évident que le chef de l’Etat n’a pas un pouvoir souverain. Et les articles qui suivent confirment cette réalité.

 “La personne du chef de l’Etat est inviolable; le Premier ministre et les ministres sont responsables” est ainsi libéllé à l'article 19. Deux clauses indépendantes sont réunies par une ponctuation - un point-virgule (;) - non seulement pour confirmer la relation entre deux institutions centrales mais aussi pour éviter toute confusion au niveau des responsabilités. Ayant été épargné de toute responsabilté et considérant son rôle cérémoniel ou le caractère purement honorifique de sa fonction, le chef de l'Etat ne peut donc pas être traduit en justice. Seuls le Premier ministre et les ministres sont tenus responsables et, par conséquent, peuvent, eux, faire l'objet des poursuites judiciaires.

Elaborant sur ce point, La loi est explicitement stricte envers le chef de l'Etat, rejetant ainsi catégoriquement la notion d’un pouvoir souverain.  A l’article 20, premier  alinéa, il est en effet mentionné "Aucun acte du chef de l’Etat ne peut avoir d’effet s’il n’est contresigné par un ministre qui, par cela seul, s’en rend responsable". Et, dans le meme article, cette fois-ci au deuxieme alinéa, il est précisé que "En aucun cas, l’ordre verbal ou écrit du chef de l’Etat ne peut soustraire un Ministre à la responsabilité”. Au fait, lorsque Justin Marie Bomboko et Albert Delvaux contresignent la décision du "président Joseph Kasavubu" dans une tentative de la rendre conforme à la loi, ces deux ministres responsables violent l'article 43 en mettant, eux, en cause la responsabilité du Premier ministre et celle de leurs collègues. Or, nulle part dans la loi il est indiqué que deux ministres co-signataires d'un acte du chef de l'Etat peuvent soustraire le Parlement à sa responsabilté! Evidemment, le président Joseph Kasavubu l'avait violé en premier lieu en évoquant, lui, l'article 22.

Toujours à propos de l'article 22, il est repris ce qui suit: "Le chef de l’Etat nomme et révoque le Premier ministre et les ministres”. La disposition que renferme cet article est une prérogative qui se justifie par rapport à l'article 43. Sinon, pour contourner le Parlement, les termes dans lesquels il aurait été rédigé seraient identiques à ceux retrouvés dans les articles 29, 30, et 32 pour ainsi  lire "le chef de l'Etat a le droit de..." ,ou alors,  "le chef de l'Etat peut..." comme il en est le cas pour l'article 31. Or, une révocation ou une démission "forcée" ne peut intervenir qu'après dépôt d'une motion de défiance ou de censure. En effet, c'est ce que reflète justement l'article 22.

Une parenthèse. Meme pour la nomination du Premier Ministre et ses ministres, dans le contexte de la loi fondamentale, elle est proposée par un formateur désigné par le chef de l'Etat, et ce, par rapport à l'article 47.  

In fine, prétendre que l'article 22 est un pouvoir souverain, c'est aussi affirmer le droit de gouverner parallèlement! Cela est-il ou était-il vraiment l'intention de la loi fondamentale du 19 mai 1960?

chryso45@hotmail.com

Monday, September 28, 2015

Un 29 septembre 1960
Par Chryso Tambu, publié le 29 septembre 2015

Plusieurs dates restent gravées dans la mémoire des Congolais, mais peu se souviennent d'un 29 septembre 1960. Ce jour-là, le chef de l'Etat et président de la République, Joseph Kasavubu, instaurait un "régime provisoire" avec la promulgation d'un décret-loi constitutionnel qui lui confiait enfin tous les pouvoirs jusqu'au 1er août 1964.

Dans son livre intitulé "The Congo Cables", Madeleine Kalb rapporte qu'à son retour de la radio nationale quelques instants après avoir annonçé la destitution du Premier ministre Patrice Emery Lumumba, Joseph Kasavubu, un ancien séminariste que les résidents de Léopoldville avaient d'ailleurs surnommé "roi Kasam" avec l'arrivé du Roi Baudouin la veille de l'"indépendance" mais que ses tuteurs américains qualifieront un peu plus tard de "légume", fait devant ses associés la déclaration "prophétique" suivante: "Le président a enfin parlé et Lumumba va mourir. Il peut mourir lentement mais il va éventuellement mourir".

Le "roi Kasam" faisait-il allusion à une mort politique ou physique?  Toujours est-il que le Premier ministre Patrice Lumumba connaîtra les deux sorts. Certes, politiquement, le décret-loi constitutionnel du 29 septembre 1960 (cfr.  http://www.droitcongolais.info/files/1.03.1.-Decret-loi-constitutionnel-du-29-septembre-1960.pdf) avait en effet comme but d'empêcher sa résurrection politique.

Il est évident que pour éviter de se soummettre aux exigences de la loi fondamentale du 19 mai 1960, le "roi Kasam" établit un nouvel ordre politique avec ce nouveau document. Il ajourne indéfiniment le parlement et dissous le gouvernement. Il crée un conseil des commissaires généraux dont les membres sont nommés et révoqués par lui. Et il sera décidé que le pouvoir législatif soit exercé par ce conseil des commissaires généraux et le pouvoir exécutif dévolu au Premier ministre et aux ministres respectivement par le président du Conseil des commissaires généraux et les commissaires généraux.

Le décret-loi constitutionnel du 29 septembre 1960, un document rédigé en marge de la loi fondamentale du 19 mai 1960 et mettant en cause l'équilibre des pouvoirs, aura ainsi officiellement marqué la fin de la démocratie et le début de la dictature au Congo-Kinshasa.

chryso45@hotmail.com


Saturday, September 5, 2015

Le soir du 5 septembre 1960
Par Chryso Tambu, publié le 5 septembre 2015

La situation requérait l’urgence, semble-t-il. Le président Joseph Kasavubu quitte sa résidence officielle du Mont Stanley le soir du 5 septembre 1960 et se rend à la radio nationale où, interrompant un programme régulier d’anglais diffusé à 20 heures, lit, à partir d’un brouillon, un communiqué dans lequel il annonce à la face du monde la destitution du Premier ministre Patrice Emery Lumumba, évoquant l’article 22 de la loi fondamentale du 19 mai 1960 imposée par le Parlement belge pour servir de cadre juridique provisoire. “Sa” décision était-elle conforme à la loi ou s’agissait-il d’un coup d’Etat?

L’article 22 de la loi fondamentale stipule que “Le chef de l’Etat nomme et révoque le Premier ministre et les ministres”. A première vue, le président Joseph Kasavubu semble avoir exécuté “son” action en conformité avec la loi, sauf qu’il a ignoré le rôle déterminant du Parlement dans un régime parlementaire (à l’opposé d’un régime présidentiel) et énoncé dans l’article 43 lequel prévoit les conditions et la procédure pour une mise en cause de la responsabilité d’un menbre du gouvernement.

Lorsque l’on réconcilie les deux articles (22 et 43), on se rend compte en effet que le chef de l"Etat n’a qu’un pouvoir théorique attaché à une fonction purement honorifique; c’est à dire, une prérogative considérée comme étant un honneur et/ou un privilège et non un droit. Et tous ceux qui sont d’avis avec Joseph Kasavubu ou qui ont prétendu avoir identifié une contradiction  entre l’article 22 et l’article 43 ou même fait allusion à une “crise constitutionnelle” tombent dans un piège avec une interprétation érronée qui fait de l’article 22 un droit.

Il sied de mentionner que malgré le caractère honorifique de la fonction du chef de l’Etat, la loi fondamentale, laquelle est tirée de la Constitution belge, lui reconnait néanmoins explicitiment  des droits par rapport au pouvoir effectif qu’elle lui attribue. D'ailleurs, cette nuance qui permet justement de mieux saisir le sens de l’article 22 est manifeste dans les articles 29, 30, 31 et 32. Par conséquent, la question que l’on devrait se poser est la suivante: si effectivement le chef de l’Etat détient le pouvoir de nommer et de révoquer le Premier ministre et les ministres indépendamment du Parlement - comme le suggèrent ceux qui partagent son point de vue - , pourquoi alors l'article 22 n'est-il pas aussi explicite que les autres au point de nécessiter une "loi interprêtative"?

Une parenthèse. On ne devrait pas non plus négliger une disposition particulière de cette loi notamment l’article 47 lequel présente un aspect particulier avec un précédent dans la nomination d’un Premier ministre étant donné que dans son communiqué le président Joseph Kasavubu informait l'opinion qu'il nommait en remplacement Joseph Ileo.

Il faut signaler par ailleurs qu'à la Table ronde à Bruxelles, les représentants officiels, y compris Moise Tshombe et Joseph Kasavubu, avaient trouvé un compromis qui a abouti à l'élaboration de l’article 43 de la loi fondamentale afin d'assurer la stabilité du premier gouvernement. Et très curieusement,  prétendant même dans son communiqué d'avoir examiné cette loi dans son entierté, le président Joseph Kasavubu choisit plutôt d'ignorer le rôle déterminant du Parlement à ce sujet et déclenche ainsi une crise constitutionnelle imaginaire. And the damage was done! Même s'il fallait que la cour soit saisie pour trancher sur la légalité de cette révocation, c'était déjà trop tard et irréparable.  Et la suite des évènements l'a confirmé.

Joseph Kasavubu réussissait donc son tout premier coup d’Etat le 5 septembre 1960!

Monday, January 5, 2015

Vital Kamerhe n’a pas gagné son pari!
Par Chryso Tambu, publié le 5 janvier 2015


Si le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), Monsieur Vital Kamerhe, était trop confiant dans sa stratégie de rendre publique la semaine dernière ses documents scolaires et académiques afin de mettre un terme à la polémique au sujet de ses origines, il a eu tort. La diaspora congolaise qui exige depuis belle lurette son arbre généalogique a, dans son ensemble, rejeté ces documents avant même de les contester, soulignant particulièrement qu’un diplôme d’Etat delivré à la fin des études secondaires ou tout autre document académique n’identifie pas la nationalité d’un individu. Hanté par cette question sur ses origines, le numéro un de l’UNC se retrouve donc au pied du mur.

Il n’a jamais été question, dès le départ, d’un diplôme d’Etat qui couvre l’enseignement secondaire. Lorsque Ben Beya lui pose initialement la question en 2011 au Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) à Washington, cet analyste politique faisait allusion à son diplôme universitaire obtenu en 1987. Cependant, Monsieur Vital Kamerhe a recouru à la ruse en choisissant de rendre disponible aux internautes, trois ans plus tard, plutôt une copie de son diplôme secondaire de 1980 en prenant soin d’annexer une attestation de réussite qui tient lieu d’un diplôme universitaire ainsi qu’une lettre d’affectation signée, semble-t-il, par le recteur Bingoto à l’époque. Le diplôme universitaire dont il est question, donc l’original, reste curieusement introuvable ! Car si, en effet, ce fameux document pouvait l’épargner, il l’aurait mis à la disposition du public depuis très longtemps. Et on ne peut donc que s'imaginer que le publier serait suicidaire pour lui ! Il a ainsi jugé opportun de sortir un tenant lieu de diplôme qui d’ailleurs peut être délivré à tout moment - sauf dans son cas, il le fait un peu trop tard et cela risque de susciter encore d’autres questions -, lui donnant ainsi aussi l’occasion de faire corriger ou modifier son nom par rapport au document original.

Une parenthèse. Notons que l’attestation de réussite de Monsieur Vital Kamerhe est un tenant lieu de diplôme délivré apparemment le 7 octobre 1987 ne fait pas mention, contrairement à ses prétentions, de son nom « N’kingi ». Et il en est de même pour sa lettre d'affectation. Un des lobbies à son service qui a fait parvenir à l’auteur de ces lignes un document qui ne reprend pas non plus le nom « N’kingi » attribue cette omission à un manque d’espace ! Mais la question fondamentale qu’on devrait aussi se poser est la suivante : y a-t-il une raison pour laquelle l’Université de Kinshasa devrait remettre à un gradué ou licencié d’une faculté comme les sciences économiques et au moment où il termine ses études un tenant lieu de diplôme plutôt que l’original ?

Monsieur Vital Kamerhe récidive dans l’incohérence de son discours avec sa derniere sortie médiatique de l’année qui vient de s’achever. Il prétend maintenant que le nom de « Vital » ne figure pas dans ses documents scolaires et/ou académiques. Cependant, dans l’article « L’incohérence dans le discours de Vital Kamerhe  (suite et fin) », publié dans ce blog en date du 23 mai 2014, l’auteur de ces lignes reprenait verbatim la déclaration de Vital Kamerhe tirée de l’interview accordée à Roger Bongos et Freddy Mulongo lors de son avant dernier passage à Paris et au cours de laquelle l’intéressé relatait la cérémonie de remise des prix à la fin de ses études à l’Unikin en ces termes : « …J’ai terminé avec distinction. J’étais lauréat là à l’amphithéâtre Léon de Saint Moulin… » et de préciser : « ... Quand on appelait mon nom, a distingué Vital Kamerhe en économie rurale… ». Ensuite, se moquant même des « mauvaises langues », il enchérit : « …Mwindu Kadi Kuluba, aujourd’hui il est professeur a l’UCB (Université catholique de Bukavu), nous étions les deux à avoir distingué pas à l’Université de Kigali, Université de Kinshasa ». Cependant, tentant de tromper l’opinion, il note : « …Là, il y a encore les anales, mon nom c’était Kamerhe Lwa kanyiginyi Nkingi… » et, semant encore une confusion, d’ajouter : « …et sur mon diplôme de l’Université et sur mon attestation comme assistant, lettre d’acceptation par le recteur Bingoto… c’est Vital Kamerhe ».

Peut-on donc conclure que le leader de l’UNC, Monsieur Vital Kamerhe, ne mettra jamais à la disposition des Congolais ni l’original de son diplôme académique qui est justement à la base de toute la polémique engagée au sein de la disapora et encore moins son arbre généalogique qu’elle exige ? It surely looks like it ! A suivre.


chryso45@hotmail.com

Friday, December 5, 2014

Honoré Ngbanda-Nzambo a raison!
Par Chryso Tambu, publié le 5 décembre 2014

Le Congo-Kinshasa est un Etat-raté. Dans le livre « Stratégie du Chaos et du Mensonge, Poker menteur en Afrique des Grands Lacs », les co-auteurs Patrick Mbeko et Honoré Ngbanda-Nzambo, font allusion, eux, à un « Etat-failli ». Toujours est-il que ce pays - reconnu officiellement, à tort, comme la « République démocratique » du Congo - a échoué. Cet échec était prévisible ! Pendant que plusieurs analystes l’attribuent, pour la plupart, à l’immaturité politique ou l’impréparation des premiers dirigeants congolais à la gestion de la chose publique ainsi qu’aux 32 ans de règne du maréchal-dictateur Mobutu Sese Seko, sans épargner les « libérateurs » avec l’arrivée plutôt d’un conglomérat d’aventuriers que d’un mouvement de libération dénommé l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL)  « dirigé » par un Congolais originaire du Katanga, Mzee Laurent Désire Kabila, à qui on a imposé comme fils un imposteur rwandais « baptisé » « Joseph Kabila » ( Hypolite Kanambe de son vrai nom ) lequel aura comme mission de faciliter l’occupation avec l’infiltration des Rwandais dans toutes les institutions du pays, Patrick Mbeko et Honoré Ngbanda identifient, eux, dans les détails et pas les moindres, les causes profondes de cet échec lesquelles remontent plus loin, voire jusqu’à la conquête du bassin du Congo par le roi des Belges, Léopold II. Et la suite n’est pas l’histoire ! It is « his » story, c'est-à-dire le récit du « mundele » ou l’homme blanc lui-même tel qu’il a toujours voulu le présenter ! Et exposant au grand jour le gros mensonge, ces deux intellectuels lancent ainsi avec leur ouvrage de 656 pages un défi particulièrement à la « communauté internationale » laquelle d’ailleurs, comme ils l’ont bien décrit avec des évidences à l'appui, dispose non seulement des outils néocolonialistes connus sous le label d’une « organisation des Nations Unies » ainsi que d’autres organisations internationales, mais aussi des « nègres de service » ou des sous-traitants dont des rwandais et des ougandais, tous recrutés directement ou indirectement par les puissances occidentales dans le seul but de veiller à leurs interêts. Avec cet ouvrage, Patrick Mbeko et Honoré Ngbanda lancent également un défi à toute l’élite congolaise et l’interpellent !

Dans l’avant-propos, rappelant le souhait de Patrice Emery Lumumba qui espérait que l’Afrique puisse elle-même écrire sa propre histoire, le co-auteur Honoré Ngbanda note que « Malheureusement, beaucoup parmi ses contemporains, africains et congolais, n’ont pas entendu ni compris le sens profond de son cri de cœur » et ,constatant très regrettablement un laxisme de la part des intellectuels africains notamment ses compatriotes, d’ajouter « Cinquante quatre ans après cet appel pathétique en effet, l’histoire du Congo et d’une bonne partie de l’Afrique continue encore, hélas, d’être pensée, initiée, commentée, orientée, écrite voire réécrite à partir des officines des pays du Nord et cela, parce qu’une majorite d’élites politiques africaines refuse ou a encore et toujours peur d’ecrire sa propre histoire pour la transmettre à sa postérité ».

Mais pourquoi cette majorité d'élites politiques refuserait ou aurait-elle peur d’accomplir cette mission? En un seul mot : la culpabilité! En effet, ces individus ont trahi le peuple. Et un mea-culpa ne garantie toujours pas le pardon de la part des victimes ou n'épargne pas non plus les coupables d'une sanction populaire très sévère. Malheureusement pour eux, la vérité ne pourrit jamais et se manifeste tot ou tard. Pour le cas du Congo-Kinshasa, des évidences contenues dans plusieurs documents rendus publics par le gouvernement américain depuis 2001 et aussi récent que l’année dernière font état, au lendemain de l’ « indépendance » du Congo-Kinshasa, d’un sabotage planifié au plus haut niveau du gouvernement américain pour torpiller cette jeune démocratie avec un role particulier et sinistre assigné à chaque acteur politique congolais. Dans son article « Congo-Kinshasa : US Role in Lumumba Murder Revealed » publié dans Washington Post et dans allafrica.com en date du 22 juillet 2002, Stephen R. Weissman révèle que pendant plusieurs mois, huit politiciens congolais, dont Joseph Kasavubu, Justin Marie Bomboko, Joseph Désiré Mobutu, Albert Ndele, Joseph Ileao et Cyrille Adoula, ont tous bénéficié des paiements effectués par la CIA afin d’organiser, dans une première phase, la desitution du Premier ministre Patrice Lumumba via le Parlement ! Donc, lorsque le nouveau « roi » du Congo, Joseph Kasavubu, annonce à la face du monde, un soir du 5 Septembre 1960, la destitution du Premier ministre Patrice Lumumba, il improvise sous la précipation en procédant plutôt par une révocation illégale. Et la deuxième phase qui aboutira à l'exécution de Patrice Lumumba et de ses trois fidèles interviendra au Katanga toujours avec le financement de la CIA. Voilà donc des Congolais qui n’auraient jamais songé à écrire pour la postérité étant donné qu’ils étaient tous conscients de toutes les ramifications qui pouvaient s’ensuivre !

Une parenthèse : A propos de Thomas Kanza que Monsieur Honoré Ngbanda mentionne dans le livre, il est une exception. Notons que cet ancien ministre chargé de la représentation du gouvernement du Premier minstre Patrice Emery Lumumba auprès des Nations Unies est l’auteur de plusieurs ouvrages. Surpris de retrouver tous ses trois livres à Washington, il s’était  empressé, à l’issu d’un long diner dans l’intimité et en companie de sa charmante epouse, Mama Eugenie, en date du 15 aout 1987, de dédicacer à l’auteur de ces lignes, particulièrement dans celui intitulé « The Rise and Fall of Patrice Lumumba » et sous-titré « Conflict in The Congo » , en écrivant ce qui suit :  « …Dans l’espoir que ce livre va lui rappeler les tristes années de notre histoire ». Voilà un Homme d’Etat et un intellectuel qui avait non seulement compris son role, mais aussi le sens de responsabilité ! Effectivement, c’est dommage qu’il n’ait pas eu le temps de traduire cette œuvre en Français afin d’édifier  tous ses compatriotes!

Honoré Ngbanda a enfin tout dit dans cet ouvrage! Une fois de plus, il interpelle à l’action toute l’élite politique congolaise qui accompagne le pouvoir d’occupation et contemple déjà les « élections » de 2016. Mais il faudrait aussi associer tous les intellectuels congolais, particulièrement ceux qui intervienent sur la toile et qui, jusqu'à present, prétendent  d’une manière ou d’une autre – il suffit de lire leurs écrits - que l’imposture et l’occupation ne sont qu’une vue de l’esprit et que le danger d’une balkanisation du Congo-Kinshasa est une illusion, et leur poser tous la question fondamentale suivante: now what ? Refuser de repondre a cette question serait faire preuve de lâcheté. Et à cause de la lâcheté politique de ces intellectuels, tous les Congolais finiront bien par mériter l’épitaphe collective qu’Oliver Vasselin leur a préparée : « ci-git un peuple mort de bétise ». Hélas !

chryso45@hotmail.com