Payservices vs. République démocratique du Congo: 4 milliards de dollars réclamés!
Par Chryso Tambu, publié le 20 janvier 2026
Après publication d’un article rendu viral sur la toîle par Africa Intelligence au sujet d’une plainte contre la RDC déposée à la Cour fédérale du District d’Idaho dans l’Etat d’Idaho aux Etats-Unis par Payservices, laquelle réclame 4 milliards de dollars de dommages et intérêts et cite plusieurs hauts responsables congolais, notamment la ministre du portefeuille et une “cousine de la république” Julie Mbuyi Shiku, le ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde, le Directeur de Cabinet Anthony Nkinzo Kamole, le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo André Wameso, ainsi que le Directeur Général de la Caisse d'Epargne du Congo (Cadeco) Célestin Mukeba Muntuabu, qui auraient fait capoter un projet de digitalisation des paiements de l’Etat après le refus de cette firme américaine de “coopérer” (jargon kinois) suite aux exigences des pots-de-vin, seuls les Ministères du Portefeuille et des Finances ont dû monter au créneau pour rejeter en bloc sous forme de communiqués de presse les accusations ou allégations portées contre leurs responsables. Ambiance!
Dans un communiqué de presse daté du 13 janvier 2026 émanant du Ministère du Portefeuille, la cellule de communication, se référant à une décision du Départment des Finances de l’Etat d’Idaho du 18 octobre 2024, initie sa “plaidoirie” en affirmant que “…PayServices n’a jamais disposé de la qualité juridique d’établissement bancaire au regard du droit américain”, alors que cette même jurisdiction administrative américaine accordait à cette firme déjà en date du 3 août 2022, bien que temporairement et sous conditions, le statut de banque ainsi qu’une dérogation en date du 12 septembre 2022 lui reconnaissant ainsi la qualité bancaire avec l’usage de la dénomination “banque” pour son identification pendant 2 ans jusqu’en date du 15 octobre 2024. Et dans l’entretemps, un deal avait été conclu avec la partie congolaise, sanctionné par la signature d’un accord avec la Caisse Générale d’Epargne du Congo (Cadeco) au mois de Janvier 2024, semble-t-il, suivi d’un éventuel virement d’un montant de 20 millions de dollars qui devait être exécuté avant le mois de mars 2024.
Prétendre aujourd’hui, comme le suggère le communiqué de la cellule de communication du Ministère du Portefeuille, qu'”en persistant à se présenter comme une banque auprès des autorités congolaises, PayServices a créé une fausse apparence de régulation et de solvabilité, laquelle a constitué un élement déterminant du consentement initial des institutions”, ne relève ainsi que d’une vaine tentative de tromper la vigilance et surtout de plaider pour une auto-victimisation.
Quant à la deuxième réaction, elle est celle reprise dans un communiqué du 14 janvier 2026 où le Directeur de cabinet du Ministère des finances, Alain Malata Kafunda, affirme, lui, que plusieurs décisions émanant des juridictions américaines interdisaient à Payservices d’”exercer des activités bancaires”. Or lorsque l'on parcourt toute la documentation citée en référence par ce communiqué de presse, que ce soit ni dans le jugement déclaratoire du 30 Mars 2022 de la Commission bancaire de l’Etat du Sud Dakota ni dans le jugement rendu en date du 31 mai 2023 par la Cour fédérale de l’Etat d’Idaho pour le cas de la Federal Reserve Bank de San Francisco au sujet d’une requête de la part de PayServices pour un master account (compte principal) ni même dans sa décision du 29 mars 2024 et encore moins dans une injonction du Département des finances de l’Etat d’Idaho datée du 16 octobre 2024, nullepart existe-il donc une seule évidence qui puisse confirmer les allégations du Ministère des Finances ou soutenir son argumentation! Eza te! Ikele ve!
Entretenant alors délibérément un flou pour les 20 millions de dollars censés parvenir à Payservices avant mars 2024, le communiqué de presse du Ministère des finances se limite à affirmer - sans donner des précisions au risque de se compromettre - que “lorsqu‘une demande de paiement d’un montant de 20 millions de dollars américains a été ultérieurement introduite, les services compétents du Ministère des Finances ont procédè aux diligences administratives et juridiques requises”, et d’ajouter: “ces analyses ont conduit à constater l’impossibilité légale de donner suite à cette demande...” – un prétexte fallacieux, car l’injonction du Départment des Finances de l’Etat d’Idaho qui fonde notamment l’essentiel de l’argumentation érronée du Ministère des Finances n’intervenait qu’un 18 octobre 2024, c’est à dire près de 10 mois après la signature de l’accord avec la Cadeco!
Un accusé ne plaide pas son innocence devant un tribunal de l’opinion publique.
Madame et Messieurs, à la barre!
A suivre.
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