Un 29 septembre 1960
Par Chryso Tambu, publié le 29 septembre 2015
Plusieurs dates restent gravées dans la mémoire des Congolais, mais peu se souviennent d'un 29 septembre 1960. Ce jour-là, le chef de l'Etat et président de la République, Joseph Kasavubu, instaurait un "régime provisoire" avec la promulgation d'un décret-loi constitutionnel qui lui confiait enfin tous les pouvoirs jusqu'au 1er août 1964.
Dans son livre intitulé "The Congo Cables", Madeleine Kalb rapporte qu'à son retour de la radio nationale quelques instants après avoir annonçé la destitution du Premier ministre Patrice Emery Lumumba, Joseph Kasavubu, un ancien séminariste que les résidents de Léopoldville avaient d'ailleurs surnommé "roi Kasam" avec l'arrivé du Roi Baudouin la veille de l'"indépendance" mais que ses tuteurs américains qualifieront un peu plus tard de "légume", fait devant ses associés la déclaration "prophétique" suivante: "Le président a enfin parlé et Lumumba va mourir. Il peut mourir lentement mais il va éventuellement mourir".
Le "roi Kasam" faisait-il allusion à une mort politique ou physique? Toujours est-il que le Premier ministre Patrice Lumumba connaîtra les deux sorts. Certes, politiquement, le décret-loi constitutionnel du 29 septembre 1960 (cfr. http://www.droitcongolais.info/files/1.03.1.-Decret-loi-constitutionnel-du-29-septembre-1960.pdf) avait en effet comme but d'empêcher sa résurrection politique.
Il est évident que pour éviter de se soummettre aux exigences de la loi fondamentale du 19 mai 1960, le "roi Kasam" établit un nouvel ordre politique avec ce nouveau document. Il ajourne indéfiniment le parlement et dissous le gouvernement. Il crée un conseil des commissaires généraux dont les membres sont nommés et révoqués par lui. Et il sera décidé que le pouvoir législatif soit exercé par ce conseil des commissaires généraux et le pouvoir exécutif dévolu au Premier ministre et aux ministres respectivement par le président du Conseil des commissaires généraux et les commissaires généraux.
Le décret-loi constitutionnel du 29 septembre 1960, un document rédigé en marge de la loi fondamentale du 19 mai 1960 et mettant en cause l'équilibre des pouvoirs, aura ainsi officiellement marqué la fin de la démocratie et le début de la dictature au Congo-Kinshasa.
chryso45@hotmail.com
Monday, September 28, 2015
Saturday, September 5, 2015
Le soir du 5 septembre 1960
Par Chryso Tambu, publié le 5 septembre 2015
La situation requérait l’urgence, semble-t-il. Le président Joseph Kasavubu quitte sa résidence officielle du Mont Stanley le soir du 5 septembre 1960 et se rend à la radio nationale où, interrompant un programme régulier d’anglais diffusé à 20 heures, lit, à partir d’un brouillon, un communiqué dans lequel il annonce à la face du monde la destitution du Premier ministre Patrice Emery Lumumba, évoquant l’article 22 de la loi fondamentale du 19 mai 1960 imposée par le Parlement belge pour servir de cadre juridique provisoire. “Sa” décision était-elle conforme à la loi ou s’agissait-il d’un coup d’Etat?
L’article 22 de la loi fondamentale stipule que “Le chef de l’Etat nomme et révoque le Premier ministre et les ministres”. A première vue, le président Joseph Kasavubu semble avoir exécuté “son” action en conformité avec la loi, sauf qu’il a ignoré le rôle déterminant du Parlement dans un régime parlementaire (à l’opposé d’un régime présidentiel) et énoncé dans l’article 43 lequel prévoit les conditions et la procédure pour une mise en cause de la responsabilité d’un menbre du gouvernement.
Lorsque l’on réconcilie les deux articles (22 et 43), on se rend compte en effet que le chef de l"Etat n’a qu’un pouvoir théorique attaché à une fonction purement honorifique; c’est à dire, une prérogative considérée comme étant un honneur et/ou un privilège et non un droit. Et tous ceux qui sont d’avis avec Joseph Kasavubu ou qui ont prétendu avoir identifié une contradiction entre l’article 22 et l’article 43 ou même fait allusion à une “crise constitutionnelle” tombent dans un piège avec une interprétation érronée qui fait de l’article 22 un droit.
Il sied de mentionner que malgré le caractère honorifique de la fonction du chef de l’Etat, la loi fondamentale, laquelle est tirée de la Constitution belge, lui reconnait néanmoins explicitiment des droits par rapport au pouvoir effectif qu’elle lui attribue. D'ailleurs, cette nuance qui permet justement de mieux saisir le sens de l’article 22 est manifeste dans les articles 29, 30, 31 et 32. Par conséquent, la question que l’on devrait se poser est la suivante: si effectivement le chef de l’Etat détient le pouvoir de nommer et de révoquer le Premier ministre et les ministres indépendamment du Parlement - comme le suggèrent ceux qui partagent son point de vue - , pourquoi alors l'article 22 n'est-il pas aussi explicite que les autres au point de nécessiter une "loi interprêtative"?
Une parenthèse. On ne devrait pas non plus négliger une disposition particulière de cette loi notamment l’article 47 lequel présente un aspect particulier avec un précédent dans la nomination d’un Premier ministre étant donné que dans son communiqué le président Joseph Kasavubu informait l'opinion qu'il nommait en remplacement Joseph Ileo.
Il faut signaler par ailleurs qu'à la Table ronde à Bruxelles, les représentants officiels, y compris Moise Tshombe et Joseph Kasavubu, avaient trouvé un compromis qui a abouti à l'élaboration de l’article 43 de la loi fondamentale afin d'assurer la stabilité du premier gouvernement. Et très curieusement, prétendant même dans son communiqué d'avoir examiné cette loi dans son entierté, le président Joseph Kasavubu choisit plutôt d'ignorer le rôle déterminant du Parlement à ce sujet et déclenche ainsi une crise constitutionnelle imaginaire. And the damage was done! Même s'il fallait que la cour soit saisie pour trancher sur la légalité de cette révocation, c'était déjà trop tard et irréparable. Et la suite des évènements l'a confirmé.
Joseph Kasavubu réussissait donc son tout premier coup d’Etat le 5 septembre 1960!
Joseph Kasavubu réussissait donc son tout premier coup d’Etat le 5 septembre 1960!
Monday, January 5, 2015
Vital Kamerhe n’a
pas gagné son pari!
Par Chryso Tambu, publié le 5 janvier 2015
Si le président
de l’Union pour la nation congolaise (UNC), Monsieur Vital Kamerhe, était trop confiant
dans sa stratégie de rendre publique la semaine dernière ses documents
scolaires et académiques afin de mettre un terme à la polémique au sujet de ses
origines, il a eu tort. La diaspora congolaise qui exige depuis belle lurette
son arbre généalogique a, dans son ensemble, rejeté ces documents avant même de
les contester, soulignant particulièrement qu’un diplôme d’Etat delivré à la
fin des études secondaires ou tout autre document académique n’identifie pas la
nationalité d’un individu. Hanté par cette question sur ses origines, le numéro
un de l’UNC se retrouve donc au pied du mur.
Il n’a jamais été
question, dès le départ, d’un diplôme d’Etat qui couvre l’enseignement
secondaire. Lorsque Ben Beya lui pose initialement la question en 2011 au
Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) à Washington, cet
analyste politique faisait allusion à son diplôme universitaire obtenu en 1987.
Cependant, Monsieur Vital Kamerhe a recouru à la ruse en choisissant de rendre
disponible aux internautes, trois ans plus tard, plutôt une copie de son diplôme
secondaire de 1980 en prenant soin d’annexer une attestation de réussite qui
tient lieu d’un diplôme universitaire ainsi qu’une lettre d’affectation signée,
semble-t-il, par le recteur Bingoto à l’époque. Le diplôme universitaire dont
il est question, donc l’original, reste curieusement introuvable ! Car si,
en effet, ce fameux document pouvait l’épargner, il l’aurait mis à la disposition
du public depuis très longtemps. Et on ne peut donc que s'imaginer que le publier
serait suicidaire pour lui ! Il a ainsi jugé opportun de sortir un tenant
lieu de diplôme qui d’ailleurs peut être délivré à tout moment - sauf dans son cas, il le
fait un peu trop tard et cela risque de susciter encore d’autres questions -, lui
donnant ainsi aussi l’occasion de faire corriger ou modifier son nom par rapport au
document original.
Une parenthèse. Notons
que l’attestation de réussite de Monsieur Vital Kamerhe est un tenant lieu de diplôme
délivré apparemment le 7 octobre 1987 ne fait pas mention, contrairement à ses prétentions, de son nom « N’kingi ». Et il en est de même pour sa lettre d'affectation. Un des lobbies à son service qui a fait parvenir à l’auteur
de ces lignes un document qui ne reprend pas non plus le nom « N’kingi »
attribue cette omission à un manque d’espace ! Mais la question fondamentale
qu’on devrait aussi se poser est la suivante : y a-t-il une raison pour
laquelle l’Université de Kinshasa devrait remettre à un gradué ou licencié d’une
faculté comme les sciences économiques et au moment où il termine ses études un
tenant lieu de diplôme plutôt que l’original ?
Monsieur Vital
Kamerhe récidive dans l’incohérence de son discours avec sa derniere sortie
médiatique de l’année qui vient de s’achever. Il prétend maintenant que le nom
de « Vital » ne figure pas dans ses documents scolaires et/ou
académiques. Cependant, dans l’article « L’incohérence dans le discours de
Vital Kamerhe (suite et fin) », publié dans ce blog en date du 23 mai
2014, l’auteur de ces lignes reprenait verbatim la déclaration de Vital Kamerhe
tirée de l’interview accordée à Roger Bongos et Freddy Mulongo lors de son
avant dernier passage à Paris et au cours de laquelle l’intéressé relatait la
cérémonie de remise des prix à la fin de ses études à l’Unikin en ces termes :
« …J’ai terminé avec
distinction. J’étais lauréat là à l’amphithéâtre Léon de Saint Moulin… »
et de préciser : « ... Quand on appelait mon nom, a distingué Vital
Kamerhe en économie rurale… ». Ensuite, se moquant même des
« mauvaises langues », il enchérit : « …Mwindu Kadi Kuluba,
aujourd’hui il est professeur a l’UCB (Université catholique de Bukavu), nous
étions les deux à avoir distingué pas à l’Université de Kigali, Université
de Kinshasa ». Cependant, tentant de tromper l’opinion, il note
: « …Là, il y a encore les anales, mon nom c’était Kamerhe Lwa
kanyiginyi Nkingi… » et, semant encore une confusion, d’ajouter :
« …et sur mon diplôme de l’Université et sur mon attestation comme
assistant, lettre d’acceptation par le recteur Bingoto… c’est Vital
Kamerhe ».
Peut-on donc
conclure que le leader de l’UNC, Monsieur Vital Kamerhe, ne mettra jamais à la
disposition des Congolais ni l’original de son diplôme académique qui est justement à la
base de toute la polémique engagée au sein de la disapora et encore moins son
arbre généalogique qu’elle exige ? It surely looks like it ! A suivre.
chryso45@hotmail.com
Friday, December 5, 2014
Honoré Ngbanda-Nzambo a raison!
Par Chryso Tambu, publié le 5 décembre 2014
Le Congo-Kinshasa
est un Etat-raté. Dans le livre « Stratégie du Chaos et du Mensonge, Poker
menteur en Afrique des Grands Lacs », les co-auteurs Patrick Mbeko et
Honoré Ngbanda-Nzambo, font allusion, eux, à un « Etat-failli ». Toujours
est-il que ce pays - reconnu officiellement, à tort, comme la « République démocratique » du Congo - a échoué. Cet échec était prévisible !
Pendant que plusieurs analystes l’attribuent, pour la plupart, à l’immaturité politique
ou l’impréparation des premiers dirigeants congolais à la gestion de la chose
publique ainsi qu’aux 32 ans de règne du maréchal-dictateur Mobutu Sese Seko, sans épargner les « libérateurs » avec l’arrivée plutôt d’un conglomérat d’aventuriers
que d’un mouvement de libération dénommé l’Alliance des forces démocratiques
pour la libération du Congo (AFDL) « dirigé » par un Congolais
originaire du Katanga, Mzee Laurent Désire Kabila, à qui on a imposé comme fils
un imposteur rwandais « baptisé » « Joseph Kabila » (
Hypolite Kanambe de son vrai nom ) lequel aura comme mission de faciliter l’occupation
avec l’infiltration des Rwandais dans toutes les institutions du pays, Patrick
Mbeko et Honoré Ngbanda identifient, eux, dans les détails et pas les moindres,
les causes profondes de cet échec lesquelles remontent plus loin, voire jusqu’à la conquête du bassin du Congo par le roi des Belges, Léopold II. Et la suite n’est
pas l’histoire ! It is « his » story, c'est-à-dire le récit du
« mundele » ou l’homme blanc lui-même tel qu’il a toujours voulu
le présenter ! Et exposant au grand jour le gros mensonge, ces deux intellectuels
lancent ainsi avec leur ouvrage de 656 pages un défi particulièrement à la
« communauté internationale » laquelle d’ailleurs, comme ils l’ont bien
décrit avec des évidences à l'appui, dispose non seulement des outils néocolonialistes connus
sous le label d’une « organisation des Nations Unies » ainsi que
d’autres organisations internationales, mais aussi des « nègres de
service » ou des sous-traitants dont des rwandais et des ougandais, tous recrutés
directement ou indirectement par les puissances occidentales dans le seul but
de veiller à leurs interêts. Avec cet ouvrage, Patrick Mbeko et Honoré Ngbanda
lancent également un défi à toute l’élite congolaise et l’interpellent !
Dans
l’avant-propos, rappelant le souhait de Patrice Emery Lumumba qui espérait que
l’Afrique puisse elle-même écrire sa propre histoire, le co-auteur Honoré Ngbanda note que « Malheureusement, beaucoup parmi ses contemporains,
africains et congolais, n’ont pas entendu ni compris le sens profond de son cri
de cœur » et ,constatant très regrettablement un laxisme de la part des
intellectuels africains notamment ses compatriotes, d’ajouter « Cinquante
quatre ans après cet appel pathétique en effet, l’histoire du Congo et d’une
bonne partie de l’Afrique continue encore, hélas, d’être pensée, initiée,
commentée, orientée, écrite voire réécrite à partir des officines des pays du
Nord et cela, parce qu’une majorite d’élites politiques africaines refuse ou a
encore et toujours peur d’ecrire sa propre histoire pour la transmettre à sa
postérité ».
Mais pourquoi cette majorité d'élites politiques refuserait ou aurait-elle peur d’accomplir
cette mission? En un seul mot : la culpabilité! En effet, ces
individus ont trahi le peuple. Et un mea-culpa ne garantie toujours pas le pardon de la part des victimes ou n'épargne pas non plus les coupables d'une sanction populaire très sévère. Malheureusement pour eux, la vérité ne pourrit
jamais et se manifeste tot ou tard. Pour le cas du Congo-Kinshasa, des évidences
contenues dans plusieurs documents rendus publics par le
gouvernement américain depuis 2001 et aussi récent que l’année dernière font état, au lendemain de l’ « indépendance » du Congo-Kinshasa,
d’un sabotage planifié au plus haut niveau du gouvernement américain pour torpiller
cette jeune démocratie avec un role particulier et sinistre assigné à chaque
acteur politique congolais. Dans son article « Congo-Kinshasa : US
Role in Lumumba Murder Revealed » publié dans Washington Post et dans
allafrica.com en date du 22 juillet 2002, Stephen R. Weissman révèle que pendant
plusieurs mois, huit politiciens congolais, dont Joseph Kasavubu, Justin Marie
Bomboko, Joseph Désiré Mobutu, Albert Ndele, Joseph Ileao et Cyrille Adoula, ont
tous bénéficié des paiements effectués par la CIA afin d’organiser, dans une première phase, la
desitution du Premier ministre Patrice Lumumba via le Parlement ! Donc,
lorsque le nouveau « roi » du Congo, Joseph Kasavubu, annonce à la
face du monde, un soir du 5 Septembre 1960, la destitution du Premier ministre
Patrice Lumumba, il improvise sous la précipation en procédant plutôt par une
révocation illégale. Et la deuxième phase qui aboutira à l'exécution de Patrice Lumumba et de ses trois fidèles interviendra au Katanga toujours avec le financement de la CIA. Voilà donc des Congolais qui n’auraient jamais songé à écrire pour la postérité étant donné qu’ils étaient tous conscients de toutes les ramifications qui pouvaient s’ensuivre !
Une parenthèse :
A propos de Thomas Kanza que Monsieur Honoré Ngbanda mentionne dans le livre,
il est une exception. Notons que cet ancien ministre chargé de la
représentation du gouvernement du Premier minstre Patrice Emery Lumumba auprès
des Nations Unies est l’auteur de plusieurs ouvrages. Surpris de retrouver tous
ses trois livres à Washington, il s’était empressé, à l’issu d’un long diner dans
l’intimité et en companie de sa charmante epouse, Mama Eugenie, en date du 15 aout
1987, de dédicacer à l’auteur de ces lignes, particulièrement dans celui intitulé « The Rise and Fall of Patrice Lumumba » et sous-titré « Conflict in The Congo » , en écrivant ce qui suit : « …Dans l’espoir que ce livre va lui
rappeler les tristes années de notre histoire ». Voilà un Homme d’Etat et
un intellectuel qui avait non seulement compris son role, mais aussi le
sens de responsabilité ! Effectivement, c’est dommage qu’il n’ait pas eu
le temps de traduire cette œuvre en Français afin d’édifier tous ses compatriotes!
Honoré Ngbanda a enfin
tout dit dans cet ouvrage! Une fois de plus, il interpelle à l’action
toute l’élite politique congolaise qui accompagne le pouvoir d’occupation et
contemple déjà les « élections » de 2016. Mais il faudrait aussi
associer tous les intellectuels congolais, particulièrement ceux qui
intervienent sur la toile et qui, jusqu'à present, prétendent d’une manière ou d’une autre – il suffit de
lire leurs écrits - que l’imposture et l’occupation ne sont qu’une vue de l’esprit
et que le danger d’une balkanisation du Congo-Kinshasa est une illusion, et
leur poser tous la question fondamentale suivante: now what ? Refuser
de repondre a cette question serait faire preuve de lâcheté. Et à cause de la
lâcheté politique de ces intellectuels, tous les Congolais finiront bien par
mériter l’épitaphe collective qu’Oliver Vasselin leur a préparée : « ci-git
un peuple mort de bétise ». Hélas !
chryso45@hotmail.com
Friday, May 23, 2014
L’incohérence
dans le discours de Vital Kamerhe! (suite et fin)
Par Chryso Tambu, publié le 23 mai 2014
Par Chryso Tambu, publié le 23 mai 2014
Contrôlant l’interview dès le début de l’émission « Les yeux dans les
yeux » du 8 mai dernier avec Freddy Mulongo et Roger Bongos, le président
de l’Union pour la nation congolaise (UNC), Monsieur Vital Kamerhe, reviendra
vers la fin pour parler plutôt de la mutation perpétuelle de son père à travers le territoire congolais et, l'accompagnant, de son éducation scolaire et académique que de son identité ou ses
origines.
Relatant la
cérémonie de remise des prix à la fin de ses études à l’Université de
Kinshasa, Le leader de l’UNC mentionne: « …J’ai terminé avec distinction.
J’étais lauréat là à l’amphithéâtre Léon de Saint Moulin… » et de préciser
: « ... Quand on appelait mon nom, a distingué Vital Kamerhe en économie
rurale… ». Ensuite, se moquant même des « mauvaises langues »,
il enchérit : « …Mwindu Kadi Kuluba, aujourd’hui il est professeur a l’UCB
(Université catholique de Bukavu), nous étions les deux à avoir distingué pas à
l’Université de Kigali, Université de Kinshasa ». Cependant, tentant de
tromper l’opinion, il note : « …Là, il y a encore les anales, mon nom
c’était Kamerhe Lwa kanyiginyi Nkingi… » et, semant encore une confusion,
d’ajouter : « …et sur mon diplôme de l’Université et sur mon
attestation comme assistant, lettre d’acceptation par le recteur Bingoto… c’est Vital Kamerhe ».
Une parenthèse. Il est difficile de comprendre
que tous ces détails aient échappé à la vigilance de ces deux journalistes professionnels qui
interviewaient Monsieur Vital Kamerhe et qui auraient pu, suite à la question
initialement posée par Monsieur Ben Beya à Washington, en 2011, lui demander enfin
comment se fait-il que lui, prétendant être congolais (Zairois à l’epoque), son
diplôme de 1987, son attestation et la lettre d’acceptation portent tous le prénom chrétien
« Vital » - contrairement aux exigences de la deuxieme république - tandis
que dans les anales de l’Université, il est plutôt mentionné « Lwa kanyiginyi Nkingi » , un
post-nom ou un nom "authentique" en effet conformément à la loi de l’époque! Encore plus ridicule est une
tentative de leur part d’imaginer plutôt une
relation de fait établie entre la possession d’une propriété (une résidence) au
Congo-Kinshasa et la nationalité congolaise!
Par ailleurs,
au cours de l’émission, Monsieur Vital Kamerhe a aussi déclaré que son père est
mort en 2001 à Kinshasa et qu’il a été enterré au cimetière de la Gome dans la
même ville. Cependant, dans son article « La nationalité de Vital
Kamerhe : Un faux et superficiel débat ! » publié sur le site
de Congo Indépendant en date du 1er septembre 2011, le professeur
Bamba-di-lelo - un
intellectuel « congolais » parmi ceux qui viennent au secours de
Vital Kamerhe - prétendait, lui, que d’après « le chef coutumier des
Bashi », Papa Kamerhe qui fut son « sujet » avait plutôt été
inhumé dans son "village au Kivu" ! Comment peut-on alors expliquer cette
divergence parmi tous ces individus qui tentent de confirmer la nationalité
« congolaise d’origine » de Monsieur Vital Kamerhe non seulement
de par son statut de « sujet » du roi réservé uniquement,
semble-t-il, aux «Bashi » mais aussi, particulièrement, par rapport à la
dernière demeure de son feu père? Et le fameux « chef coutumier des
Bashi » dont le professeur Bamba-di-lelo, très curieusement, ne cite pas
le nom, avait-il donc menti pour tenter de convaincre l’opinion sur les
origines "congolaises" de Vital Kamerhe alors qu’"envoyé" par le pouvoir d’occupation, ce "chef
coutumier" était censé le "dénigrer" ?
Une autre
parenthèse. Lorsque Vital Kamerhe contredit Roger Bongos au début de l’émission
en soulignant « …nous avons oeuvré dans la Jeunesse de l’Université, pas
le MPR… », rejetant ainsi
catégoriquement toute affiliation à l’ancien parti-Etat, notamment avec son
changement de nom lequel coincidait justement avec son début en politique en
1982, c’est à dire une année après que la nationalité congolaise lui ait été aussi
retirée, n’a-t-il donc pas en même temps confirmé par là son statut d’étranger étant
donné que tous les Zairois à l’époque étaient de gré ou de force militants du MPR et
même un enfant l’était d'office du ventre de sa mère?
Le leader de
l’UNC est un étranger. Et le best scenario sur base de ses propres déclarations se résume en ceci: avec hypothèse que sa mère
soit congolaise d’origine (une « mushi ») - puisque son fils apparemment ne
s’identifie que du côté maternel par cette tribu -, étant donné qu’il n’a jamais
renoncé à une autre nationalité - celle de son père, semble-t-il - car la nationalité congolaise est une et exclusive,
il ne peut en aucun cas prétendre qu’il est congolais d’origine et encore moins
naturalisé congolais s’il n’avait jamais introduit un dossier individuel pour
sa naturalisation.
Friday, May 16, 2014
L’incohérence
dans le discours de Vital Kamerhe!
Par Chryso Tambu, publié le 16 mai 2014
Par Chryso Tambu, publié le 16 mai 2014
Au cours de l’interview
accordée à Freddy Mulongo et Roger Bongos dans l’emission « les yeux dans
les yeux » le 8 mai 2014, recherchant la sympathie des combattants et des
résistants mais aussi espérant mettre fin au débat sur sa
nationalité, Monsieur Vital Kamerhe déclare
« …j’accepte aussi ceux qui me
téléphonent pour émettre des critiques et même ceux qui m’appellent seulement
ou qui, à travers la toile, profèrent des injures ou me donnent les origines
qui ne sont pas les miennes », et
d’ajouter « Il y a aucun homme qui circule sur la terre qui montre sur son
visage son origine ». « On vous juge », a-t-il renchérit,
« par la parole, par les actes, par autres comportements ce que vous
faites » et de conclure « On n’a pas besoin de savoir si vous êtes
chinois, anglais ou quoi ».
Monsieur Vital
Kamerhe a raison de dire d’être jugé « par la parole ». Mais son problème
est qu’il ne tient jamais un discours cohérent au sujet de ses origines.
Au Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) à Washington en 2011 (cf.
mon article « Vital Kamerhe doit abandonner la course à la magistrature
suprême » publié le 16 octobre 2011et posté dans les archives d'avril 2012), sans répondre directement à la question lui posée par Monsieur Ben Beya, un analyste politicien congolais, l’ancien président de l’Assemblée nationale
avait déclaré « … Quand j’ai décidé de faire la politique, pour des
raisons médiatiques, je m’appelle Vital Kamerhe, et je coupe là.. . ».
Voilà un cas de sophisme abérrant! Et Dieu seul sait ce qu'il voulait dire par « raisons
médiatiques » ! Une réponse directe et précise aurait été suicidaire pour lui, il fallait donc tromper la vigilance des Congolais dans la salle en restant très vague surtout que l'objection très révélatrice faite au milieu de la question par la modératrice lui était favorable!
Il faudra aussi attendre près de 3 ans pour enfin obtenir une autre précision sur son début politique. Relatant son parcours politique durant l'interview du 8 mai dernier, Monsieur Vital Kamerhe dira "… J’ai
commencé la politique exactement en 1982 à l’Université de Kinshasa, j’étais
encore en deuxième graduat ". "Nous avons œuvré dans le cadre de la Jeunesse de
l’Université de Kinshasa pas le MPR" précisera-t-il.
En réconciliant ses
deux déclarations, il n’est pas érroné de conclure que le leader de l’UNC,
ayant commencé, selon lui, la politique
en 1982, c'est aussi à partir de ce moment précis qu'il s'appelle donc officiellement Vital
Kamerhe. Et d'ailleurs, son diplôme académique le confirmera en 1987. Mais, cela pose problème ! Que ce
soient en 1982 ou en 1987 et même jusqu’au 24 avril 1990, aucun Congolais ne
portait un nom chrétien ou étranger dans un document officiel. Par conséquent, s’il ne faut
parler que de son diplôme académique, étant donné que seuls les étrangers pouvaient garder leurs noms
chrétiens ou étrangers, Vital Kamerhe ne peut prétendre être ni congolais d’origine,
ni naturalisé congolais jusqu’au moment où il termine
ses études en 1987.
Une parenthèse. Plusieurs
évènements se déroulent durant l’époque du parti-unique, le Mouvement populaire
de la révolution (MPR). Tout d’abord, le 27 octobre 1971 est un grand jour. C’est la fête des
trois Z. Le Congo devient le Zaire et les Congolais sont « rebaptisés » avec des noms « authentiques ».
L'année d'après (1972), le président Mobutu signe
une ordonnance-loi accordant pour
la toute première fois la nationalité aux Burundais et Rwandais qui vivaient
dans les Kivus avant le 1er janvier 1960.
Malheureusement, cette nationalité leur sera retirée en 1981 par une nouvelle
loi du conseil législatif mais prévoyant
d’autres dispositions (une loi organique) pour l’octroi de la nationalité.
A en croire Vital
Kamerhe, en « changeant » son nom en 1982 au moment où
il décide donc de faire la politique
(selon ses deux déclarations réconciliées), non seulement il confirme lui-même qu’il
est étranger, mais aussi admet avoir violé la loi depuis tout ce temps en s’engageant dans des activités politiques au Congo-Kinshasa!
Mais le problème
pour Vital Kamerhe ne s’arrete pas là ! Admettons qu’il ait, lui aussi, été « rebaptisé »
en 1972 avec la naturalisation collective. S’assimilant aux Congolais d’origine,
il porterait lui aussi, conformément aux exigences de l’époque, un post-nom jusqu’au
moment où il décide, selon lui, de le « changer »
en 1982, et ce, après avoir perdu effectivement la nationalitè d’acquisition
avec la nouvelle loi du conseil legislatif de 1981. Ainsi
donc, si entre 1972 et 1982 on retrouve sur ses documents un nom « authentique »
, c'est-à-dire un post-nom et non un prénom, cela signifie qu’il est
légalement congolais même si toute activité politique lui est interdite. Cependant, lorsqu’il
dit qu’il a « changé » son nom en 1982 - marquant ainsi son début en politique - et que son nouveau nom est repris sur son diplôme académique
de 1987 alors que le président Mobutu n’avait pas encore annoncé la « démocratisation »
qui allait permettre à tous les Congolais de reprendre leurs anciens prénoms et de
porter la cravate, Monsieur Vital Kamerhe ne peut prétendre être ni Congolais d’origine
et encore moins naturalisé congolais. Absolument pas !
Une autre
parenthèse. Il est possible qu’on retrouve des documents de Monsieur Kamerhe avec un post-nom, notamment entre 1987 (une année qui coincide avec la fin de ses études) et 1990 (l’année de la « démocratisation ») étant donné qu’il
travaillait dans l’administration publique durant cette période. Et, parlant
les quatres langues nationales du Congo-Kinshasa, un post-nom ou un nom « authentique »
l’aurait en effet aidé à mieux s’identifier ou s’assimiler aux autochtones afin
de jouir de tous les droits et privilèges.
A suivre...
chryso45@hotmail.com
Tuesday, April 22, 2014
Wina Lokondo n’a pas compris Honoré Ngbanda!
Par Chryso Tambu, publié le 22 avril 2014
Se plaignant d’une soumission éventuelle à un “exercice
rédactionnel”, Wina Lokondo souligne que le leader de l’Apareco “a sans doute voulu", par sa note biographique, "prouver sa
congolité” par rapport à l’article 6 de la loi congolaise sur la nationalité. Notons qu’il s’agit plutôt
de l’article 10 qui stipule “Est
congolais d’origine, toute personne appartenant aux groupes éthniques dont les
personnes et le territoire constitutaient ce qui est devenu le Congo
(présentement la République Démocratique du Congo) à l’indépendance”. Ensuite, par
rapport à l’article 24 de la même loi
excluant cependant les naturalisés congolais de l’excercice de certaines
fonctions publiques, il pose la question de savoir quelles seraient ces
fonctions et pour quelles raisons.
Mais pourquoi
pose-t-il le problème seulement maintenant alors que cette constitution
tyrannique taillée sur mesure de l’imposteur rwandais Hypolite Kanambe alias “Joseph
Kabila” existe depuis 18 février 2006 et que la loi organique limitant les droits
des naturalisés congolais, elle, existe depuis l’époque du Mouvement populaire de la
révolution (MPR)? Et lorsqu’il écrit “le
discours identitaire, celui sur les “origines”, est de plus en plus présent dans
l’arène politique congolaise “, reconnaît-il, lui, la nationalité congolaise
d’origine à “Joseph Kabila” alors que Monsieur Honoré Ngbanda avait déjà tiré
la sonnette d’alarme dans le magazine Jeune Afrique numéro 323 du 15 janvier
2001?
The banana is in the pudding. Autrement dit: la réponse à la
question de Wina Lokondo est évidente. Sinon, qu’il lise alors l’article “La nationalité
congolaise” publié le 4 octobre 2011 par le rédacteur de ces lignes. Et il peut
le retrouver dans les archives d’avril 2012 de ce même blog.
Lorsque ce compatriote mentionne plus loin “Il y a ainsi lieu de
faire très attention au recours au
discours identitaire, et surtout à son instrumentalisation en politique, de
s’interdire d’agiter, sans raison, des épouvantails”, ignore-t-il vraiment que
les viols et les massacres particulièrement à l’Est du Congo-Kinshasa font
partie d’un terrorisme d’Etat dont le
commanditaire se trouve au sommet de l’Etat
congolais et reçoit des orders de Kigali? Ce qui est regrettable est qu’avec un
tel langage, Wina Lokondo soutient encore l’hypothèse selon laquelle la
situation à l’Est du pays trouve ses racines dans un conflit intra-tribal et
non une aggression rwandaise et/ou ougandaise. Plus grave encore, il ignore
ainsi l’existence du M23 – une milice soutenue par Paul Kagame et son
gouverneur “Joseph Kabila” - alors que
plusieurs rapports des Nations Unies ont fini par identifier clairement les
responsables.
Une première parenthèse. Très récemment, bien qu’il s’agissait d’une
mascarade d’élection présidentielle en 2011, le soutien – au niveau de la
diaspora ainsi qu’à l’intérieur du pays et tous tribus confondues – apporté à
Monsieur Etienne Tshisekedi wa Mulumba lors de sa campagne est une preuve que
les Congolais ont été capables et sont capables de se réunir librement pour une cause, malgré
leurs origines différentes, autour d’un mwana mboka. Et le cas du Congo-Kinshasa est différent de
celui de la Côte d’Ivoire avec “l’ivoirité” (pour ne parler que de celui-là) en
ce sens que les Congolais ont affaire à un individu qui prétend être Congolais d'origine mais n’est pas en mesure de
le prouver et que ses documents académiques tiennent lieu d'évidences qui indiquent bien qu'il avait une nationalité étrangère au moment où il a terminé ses études. Même si plus tard il aurait eu la naturalisation, toute ambition politique lui est interdite par la loi.
Par ailleurs, faisant
allusion à un jugement érroné et injuste que l’on porte sur un naturalisé
congolais, Wina Lokondo écrit “…la fidélité à celle-ci [la nation] n’est
pas constatée par des actes , mais présumée acquise par la simple appartenance
à la tribu, appartenance reflétée notamment par la consonance du nom…” Et, sous
une forme de question, de surrenchérir “L’article 24 précité serait-il le paravent
officiel à la traîtrise que contiendrait l’AND du Congolais venu d’ailleurs, le
non originaire?”. Enfin, répondant lui même à la question, il tire la conclusion
suivante: “L’histoire de la RDC –
émaillée des faits, bien nombreux, de pillages et de trahisons du pays par de
prétendus Congolais de “souche” – contredit cette stigmatization légale du
Congolais de nationalité “d’acquisition, condamné à demeurer un citoyen de
seconde zone n’ayant pas voix à tous les chapitres”.
Non, cher compatriote! Sans défendre, encore une fois,
cette constitution tyrannique rédigée à Liège et qui a échappé à la vigilance
des juristes congolais, et pour compléter Monsieur Honoré Ngbanda qui élaborait
sur la notion de la souvaireneté d’un pays ou un Etat lors de sa dernière
interview, il est utile de revoir le cas d’un pays d’une stabilité politique
qui bat tous les records du temps moderne mais où on a retrouvé jusqu’en 1964 des citoyens de
deuxième classe après l’abolition de l’esclavage et qui n'est autre que la République
des Etats-Unis. Appréciant les mérites de la Consitution américaine, un
Américain né des parents américains (des autochtones) mais en dehors du territoire américain - c’est le
cas de l’actuel gouverneur de l’Etat de Michigan - ne se considère en aucun cas citoyen de deuxième
classe ou de “seconde zone” malgré que l'ambition à la magistrature suprême lui
soit désormais interdite. La loi, c’est la loi. Par patriotisme, elle est
respectée. 227 ans après sa promulgation, personne n’a tenté de la modifier. Et
pour comprendre la nécessité ou la raison d’une telle loi, il n’est pas du tout érroné d'estimer qu’après avoir arraché l’indépendance de l’Angleterre, les pères
fondateurs de la République des Etats-Unis réunis à la Convention
constitutionnelle à Philadelphie le 27 mai 1787 et “souffrant” encore des
sequelles d’une colonisation atroce tentaient peut être de prévénir une trahison
au plus haut sommet de l’Etat éventuellement avec une infiltration dissimulée
organisée de l’extérieur.
Une deuxième parenthèse. La fille de Wina Lokondo, celle qui a choisi
la nationalité belge, certes ne représente pas - aux yeux de son père - un danger pour la
Belgique. Cependant plusieurs expériences prouvent que le cas de sa fille n'est pas la règle. Un officier supérieur de l’armée américaine, le major Hassan, un
naturalisé américain et un musulman, ne semblait pas non plus représenter un danger pour la sécurité nationale américaine jusqu'au moment où il a tiré - au nom de sa religion - sur ses compatriotes à Fort Hood, dans
l’Etat du Texas pour se venger contre sa nouvelle patrie en 2009. Et les deux
jeunes gens, aussi des immigrés naturalisés américains et aussi des musulmans, n’ont pas hésité à tuer leurs
compatriotes au cours d’un marathon à New York l’année dernière. Enfin,
l’ancien président du Péru, Alberto Fujimori, avait lui revendiqué ses origines
japonaises pour combattre son extradition.
Il faut noter que le compatriote Wina Lokondo se perd dans
son raisonnement ou oublie simplement de placer les faits dans leur contexte. Certes,
les “prétendus Congolais de souche” ne
doivent pas être épargnés. Et personne ne conteste leurs défauts. Mais ici,
ayant identifié l’enemi, ces Congolais d’’origine ont le droit, la responsabilité, la raison et
même l’obligation de le chasser surtout qu’ils viennent de découvrir, un peu
tardivement malheureusement, qu’il s’agit d’un imposteur venu de l’autre rive de la Rivière Ruzizi en
Octobre 1996 et pendant tout ce temps, et en violation des lois du pays, il a
oeuvré par déception entre autres se faisant passer pour un fils biologique de
Laurent Désiré Kabila. Et maintenant, le danger resurgit avec un autre étranger
plus connu pour sa malhonnêté que son éloquence, un rwandais répondant au nom de Vital Kamerhe et
qui a déjà démarrer sa campagne électorale pour 2016 sous la couverture d’une mascarade de “caravane de la paix”, profitant
ainsi de la naiveté des Congolais.
A lire attentivement Wina Lokondo, on constate qu’il ne
s’arrête pas à une simple objection. On a l’impression que cet intellectuel qui
fait la fierté de sa région de l’Equateur, s’est déjà engagé dans un
pseuso-lobbying en plaidant plutôt pour la cause des étrangers - une démarche
insolite au moment où le pays est exposé au danger imminent d'une balkanization et demeure
sous occupation. Il est convaincu que seule une naturalisation des étrangers avec
tous les droits, et sans exception, représente le salut pour les Congolais
d’origine. Et il avance comme argument, entre autres, les réalisations de ces étrangers
dont les immeubles qui poussent comme des "champignons" et “contribuant à la
modernité”!
Mais si cela est vrai et qu’il faut donc prêcher l’évangile
selon “Saint Lokondo”, comment explique-t-il alors qu’avec “Joseph Kabila”
- un immigré illegal rwandais auto-naturalisé
congolais mais qui est cependant arrivé au sommet de l’Etat - le Congo-Kinshasa se trouve en feu depuis
2001 avec un bilan lourd de plus de 8 millions de morts? Quant aux étrangers qui
sont des collègues de José Makila - le beau-frère de Vital Kamerhe - et qui siègent à l'Assemblée nationale, ont-ils réussi à soulager le quotidien du Congolais d’origine qui vit en
toute insécurité?
Une troisième parenthèse. Ces immeubles qui semblent fasciner
Wina Lokondo profitent-ils aux Congolais d’origine? Ne sont-ils pas construits
dans une zone d’Apartheid pour ne servir que les étrangers. Et s’ils ne sont
pas limités qu’aux étrangers, le Congolais d’origine ordinaire en a-t-il accès
avec son maigre salaire s’il en a un?
A propos de Georges Forrest, William Damseaux et consorts,
Wina Lokondo ignore encore une autre realité pourtant évidente et qui est la suivante: le
seul et unique objectif de tout homme d’affaires est la maximisation du profit.
S’ils peut le réaliser ailleurs, il n’hésiterait un seul instant pour prendre
place à bord du premier avion et quitter le Congo-Kinshasa. Mais si ces
étrangers ont réellement le souci des Congolais et veulent vraiment contribuer
à l’amélioration de leur vie ainsi qu'au développement du Congo-Kinshasa, comme il le prétend, que peuvent-ils alors faire mieux avec une naturalisation qui
leur donne tous les droits qu’avec leur présent statut?
Notre ndeko qui est à Mbandaka fonde son
raisonnement ou son argumentation sur de fausses prémisses. Ce n’est pas parce
que les Congolais d’origine ont trahi que la solution est d’accorder d'office tous les
droits aux naturalisés congolais parce que ces derniers ne vont jamais trahir.
Si une telle suggestion est sérieuse, elle relève de la naiveté. Mais s’il
s’agit de l’humour, il est alors de mauvais goût.
Wina Lokondo a besoin de suivre de nouveau l’interview du president de l’Apareco. Il sera enfin édifié!
Wina Lokondo a besoin de suivre de nouveau l’interview du president de l’Apareco. Il sera enfin édifié!
Subscribe to:
Posts (Atom)