Saturday, April 7, 2012

Vital Kamerhe doit abandonner la course à la magistrature suprême!
Par Chryso Tambu, publié le 16 octobre 2011

Malgré que Vital Kamerhe soit né, ait grandi, fait ses études et travaillé dans plusieurs institutions publiques ou ministères toute sa vie au Congo, et même soit marié à une Congolaise et parle les quatre langues nationales, tous ces épisodes et ce don ne peuvent jamais lui reconnaitre la nationalité congolaise d'origine.

L'ancien président de l'assemblée nationale est ambitieux, audacieux et loquace, mais inconfortable et irrationnel lorsque la question sur ses origines lui est posée. Lors d'une session questions-réponses au CSIS ( Center for Strategic and International Studies) à Washington, au lieu de répondre directement à la question au sujet de son prénom de "Vital" repris sur son diplôme de l'Université de Kinshasa qu'il avait obtenu en 1987 - car personne ne pouvait oser porter un tel nom à l'époque du parti-Etat du dictateur-maréchal Mobutu -, il s'acharne sur cet analyste politicien, Ben Beya, en déclarant: ...C'est ce qui explique par ailleurs que notre pays n'avance pas..." Quelle insulte!

Il n'en aura pas encore fini avec ce jeune congolais, et d'ajouter "...Voilà un compatriote congolais, nous sommes à Washington dans un centre d'études stratégiques. Mais Kamerhe peut mourir, le peuple va rester! C'est le plus important. La nation congolaise..." Il tentera par la suite de convaincre l'audience en récitant sa longue biographie en confirmant en passant avoir terminé ses études avec le nom de "Vital Kamerhe". Et de mentionner: "...Quand j'ai décidé de faire la politique, pour des raisons médiatiques, je m'appelle Vital Kamerhe, je coupe là!..." Comme pour se moquer de lui, il renchérit: "...Si vous voulez que j'ajoute comme Mobutu Sese Seko Kuku Gbendu Wa Za Banga, je peux ajouter! Si c'est la nostalgie, je peux ajouter!..."

Pour un honorable et un candidat à la magistrature suprême, son comportement vis-à-vis de ce Congolais n'était pas digne d'un gentleman!

Lorsqu'il conclut "...Le vrai Congolais, c'est celui qui pose des actes bénéfiques au Congo...", en soulignant "...un Américain naturalisé Congolais qui va développer un petit coin de mon village est plus congolais que le Congolais...", plaidait-il implicitement son cas? S'il est naturalisé Congolais, qu'il respecte la loi et qu'il se retire. S'il ne l'est pas, qu'il fasse la queue et introduise une demande pour la nationalité d'acquisition individuelle.

Par ailleurs, les "avocats" de Vital Kamerhe ont du mal à convaincre le "jury". Les arguments avancés non seulement ne sont pas valables mais parfois contradictoires. Au cours d'une interview sur internet avec Cyprien Wetshi (l'avocat du diable), Monsieur l'ambassadeur Henri Nsuani, un ami de longue date de Vital Kamerhe et membre de l'UNC, affirmait que le père de Vital Kamerhe était mort à Kinshasa et avait été enterré au cimetière de la Gombe alors que dans son article intitulé "La nationalité de Vital Kamerhe : un faux et superficiel débat!", paru dans Congoindépendant.com en date du 1er septembre 2011, Dr Bamba di Lelo écrit "Le chef coutumier des Bashi, invité par le pouvoir PPRD pour dénigrer Vital Kamerhe ne s'est pas empêché de déclarer au cours d'une émission télévisée à la RTNC à Kinshasa que le père de Vital Kamerhe était son sujet et donc Congolais". Et d'ajouter: "Quoique mort dans une autre province de la RDC, sa dépouille avait été ramenée et enterrée dans son village". Pour ces deux "avocats", les deux lieux d'enterrement (Kinshasa et Kivu) tiennent lieu d'évidences irréfutables de la nationalité congolaise d'origine de leur "client"! Donc, d'après "leur logique", les enfants de l'ancien Premier ministre, Moise Tshombe, peuvent aussi affirmer avoir la nationalité belge étant donné que leur père - mort (kidnappé et assassiné) en Algérie - avait été enterré en Belgique!

L'ambassadeur tenait aussi à rétorquer durant l'interview que Vital Kamerhe n'était pas le seul à avoir un prénom européen à l'époque de Mobutu, le cardinal Joseph Malula avait aussi gardé le sien. Faut-il chercher à savoir pourquoi le cardinal avait gardé son prénom pour justifier le cas de Kamerhe? Malheureusement pour l'ambassadeur, le cardinal n'est plus là!

Ces stratégies et arguments ne peuvent ni faire  taire les mauvaises langues ni convaincre un Congolais comme Ben Beya. Par conséquent, il est plus que temps pour Vital Kamerhe d'admettre qu'il trouve ses origines dans l''autre rive de la rivière Ruzizi dans le Rwanda et parle aussi le kinyarwanda.

Il est vrai que le président Mobutu avait accordé par un décret en 1972 la nationalité congolaise aux Burundais et Rwandais qui vivaient dans les kivus avant le 1er janvier 1960. Cependant, cette nationalité leur avait été retirée par la loi de 1981 promulguée par le conseil législatif (parlement) et en vigueur à ce jour. Cette nouvelle loi prévoyant une procédure pour l'acquisition de la nationalité, plusieurs d'entre eux ont été naturalisés. Mais beaucoup l'ont ignorée et se sont assimilés aux autochtones. Et certains ont abusé de l'hospitalité des Congolais d'origine et revendiquent les mêmes droits qu'eux aujourd'hui.

Même un cadre du parti au pouvoir PPRD avait confirmé entre les quatre murs cette réalité. En effet, le cable diplomatique Wikileaks du 21 juin 2004 révèle que Monsieur Vangu Mambweni, secrétaire pour les relations internationales du PPRD, confiait au conseiller politique de l'ambassade des Etats-Unis à Kinshasa que "...Les Rwandais viennent ici et s'auto-proclament citoyens congolais sans suivre la procédure pour la naturalisation..." Et d'ajouter: "...Les Rwandais veulent venir au Congo pour diriger les Congolais, et s'ils changent leur idéologie, alors ils pourront vivre en paix ici". Cet aveu d'un membre du parti de "Joseph Kabila" reflète sans doute l'opinion du peuple congolais.

Le peuple congolais n'est pas xénophobe. Qui ne se souvient pas des Angolais Sam Manguana alias Manguana Muana Nzoko; Mario alias Matadidi Mabele Buana Kitoko; Kinduelo alias Kilu "Olivetti"; du Congolais de Brazzaville Djeskain alias Loko Masengo; du Zimbabwéen Musikiwa de l'OK Jazz; du Rwandais Bisengimana Ruema et tant d'autres qui ont vécu ou vivent dans la paix et l'harmonie avec le peuple congolais?

Monsieur Vital Kamerhe ferait mieux de suivre les recommendations de son ancien collègue du PPRD, Vangu Mambweni, et aussi s'excuser auprès de Ben Beya.

La poussière ne va pas se dissiper bientôt!


chryso45@hotmail.com
"Joseph Kabila" nous a été imposé!
Par Chryso Tambu, publié le 10 octobre 2011

Suite à l'article du 6 octobre 2011 paru dans Congoindépendant.com et intitulé "L'égibilité de "Joseph Kabila" en question! Qui est réellement cet homme?" de Baudouin Amba Wetshi, un lecteur a réagi en posant les questions suivantes: Comment un inconnu a pu devenir président de la République? Par quel mécanisme? Par quel processus? Wikileaks répond en partie à toutes ces questions par une série de cables diplomatiques qu'il vient de rendre publique et qui doit permettre de mieux comprendre les enjeux et départager les responsabilités.

D'après une source très fiable de l'ambassade des Etats-Unis à Kinshasa, rapporte l'Ambassadeur Swing dans un cable daté du 26 mars 2001 et marqué "SECRET", dès qu'il a été déterminé quelques heures après l'attentat que Laurent Désiré Kabila n'allait pas survivre, Georges Buse et Jean Mbuyu, respectivement chef de cabinet et chef de cabinet adjoint du président, se sont réunis sans la soirée du 16 janvier avec d'autres membres du cabinet présidentiel pour décider de la succession de Mzee. "Joseph Kabila" était "leur choix immédiat et apparent", car, d'après eux, il était le seul capable d'unifier les différentes factions au sein du gouvernement et de discipliner l'armée. Les deux conseillers particulièrement préoccupés par la question de loyauté des différentes factions de l'armée étant donné que les FAC (Forces Armées Congolaises) étaient composées de plusieurs unités recrutées dans différentes régions (notamment le Katanga et les Kivus) et, pour la plupart, formées en Angola et au Zimbabwe.

Ensuite, il fallait convaincre de ce choix "idéal" les old guard hard-liners Mwenze, Yerioda et, particulièrement, Kakudji (il aurait lui-même envié le fauteuil présidentiel). Cest trois intransigeants ont résisté au départ, mais ont fini par accepter le choix de "Joseph Kabila". L'armée ayant facilement donné son accord, l'obstacle inattendu résidait dans le futur président, lui-même, qui avait initialement rejeté l'offre (pour des raisons de sa propre sécurité, selon le contact de l'ambassade).

Il est repris dans le même cable que, selon le contact, Mbuyu a affirmé que Buse et lui-même ont instruit la nuit du 16 janvier l'aide de camp militaire, Eddy Kapend, de s'adresser à la nation en faisant appel au calme et l'ordre. Comme membre du cabinet présidentiel, Kapend était l'officier militaire le plus accessible. Et les deux conseillers ont jugé qu'il avait l'appui du général Yav Nawej qui, malgré son arrestation,  "reste une personnalité militaire puissante, respectée et redoutée par les FAC à Kinshasa". Le général Lwetcha avait donné aussi son feu vert.

Lorsque "Joseph Kabila" a finalement accepté l'offre, relate le cable, Buse et Mbuyu l'ont présenté comme le successeur de "son père" au cours d'une réunion des ministres convoquée d'urgence. Le truimvirat Mwenze, Yerodia et Kakudji ainsi que les 23 autres ministres ne s'étant pas opposés, ce qui restait à faire était donc de travailler sur les "détails" pour l'annonce de la succession et trouver le cadre juridique sous lequel "Joseph Kabila" pouvait être désigné président.

Contrairement aux déclarations de She Okitundu, alors ministre des Affaires étrangères, le nouveau président n'a pas été désigné à l'issue d'un "vote secret" des membres du gouvernement.

Par ailleurs, dans un cable daté du 24 janvier et marqué "CONFIDENTIEL", Maxwell Chikorowondo, conseiller au ministère des Affaires étrangères du Zimbabwe, à son retour des funérailles de Mzee et de la rencontre des chefs d'Etat africains en Angola où il avait accompagné le président Mugabe, confiat en passant au chargé d 'Affaires américain que "il était surpris par la rapidité avec laquelle Kigali a annoncé l'assassinat de Kabila - en moins d'une heure après que cela ait eu lieu"!

Dans un autre cable "CONFIDENTIEL" du 25 janvier, l'ambassadeur signalait que "Joseph Kabila" a du recourir à l'assistance de plusieurs conseillers, dont le Belge Louis Michel, pour la rédaction de son discours d'investiture. Et l'ambassadeur d'ajouter: "Nous comprenons, par ailleurs, que la cérémonie d'investiture prévue pour la date du 24 janvier a été reportée au 25 ou 26 janvier à cause des manoeuvres de dernière minute des "faucons", notamment le ministre de la Justice, Mwenze Kongolo, et les autres pour atténuer le message positif, progressiste de Kabila (plutôt que pour des raisons techniques ou en rapport avec la Constitution)".

Les conseillers, indique le même cable, confrontés à trois obstacles majeurs en ce qui concerne la nature du pouvoir exécutif que le président-désigné allait exercer, ont proposé trois modèles à savoir, prêter serment maintenant comme "président avec tous les pouvoirs" et un mandat d'une durée indéterminée et s'occuper d'autres problèmes que cela peut poser plus tard; accepter d'être un président "qui assume l'intérim" durant la transition; ou devenir président "avec tous le spouvoirs" mais aussi un mandat d'une durée bien déterminée, ce qui voudrait dire, organiser les élections dans les deux ans.

L'ambassadeur américain livrait ainsi dans le message que "Nous et les autres diplomates, nous considérons que le troisième modèle choisi par Joseph Kabila et ses conseillers est le moins probématique et a beaucoup de chance de promouvoir la réconciliation et la stabilité durant l'intérim".

S'agissant de la question de la légitimité, toujours dans le même cable, l'ambassadeur Belge Nijskens informait son collègue Américain Swing que "...le decret #3 de mai 1997 reste muet sur la succession présidentielle...". Cependant, faisait-il remarquer, l'article 54 de l'acte de la transition stipule que "...lorsque le parlement détermine que la présidence de la République est "vacante", le parlement et la cour suprême décident qui doit exercer le pouvoir exécutif constitutionnel...". Et l'ambassadeur Belge d'ajouter: "L'assassinat de Laurent Désiré Kabila a créé une situation d'urgence en République Démocratique du Congo qui requiert la continuté et la stabilité... Etant donné que la question de la légitimité se pose, une politique d'ouverture politique est critique". Et, enfin, il insistait aussi sur le fait que "...une importance devra être accordée à l'initiation de cette politique d'ouverture au niveau local (pendant que les politiciens s'engagent au dialogue national, on devrait commencer à prendre des dispositions pour organiser des élections locales), et la recherche de la paix doit être permanente".

Malgré "le nouvel ordre" établi par eux-mêmes après leur accession au pouvoir en 1997, "les libérateurs" ont choisi d'ignorer leurs propres décret et acte de transition pour désigner un président! Les conseillers du défunt président, en l'occurrence Buse et Mbuyu, recevaient-ils des directives directement de Kigali, de Bruxelles ou d'ailleurs pour prendre des initiatives? Et les "faucons" Mwenze, Yerodia et Kakudji avaient-ils été intimidés pour céder et coopérer?

A vous de juger!

chryso45@hotmail.com